Colonne des Girondins
Le monument aux Girondins
Le monument aux Girondins et à la République de la place des Quinconces fut érigé entre 1894 et 1909, pour commémorer la disparition des députés girondins victimes de la Terreur, durant la révolution française, et en hommage à la Troisième république.
Il se dresse opportunément sur l'ancien glacis des deux châteaux Trompette qui s’y sont succédé, le premier ayant été édifié après la bataille de Castillon en 1453, au bout de trois siècles de domination anglaise, et le second durant la minorité de Louis XIV, suite à la succession de guerres civiles qui ponctuèrent l’épisode de la Fronde, après 1675. Le château fut définitivement détruit en 1818.
La Colonne des Girondins
La colonne des Girondins, haute de 43 mètres, est couronnée d’une statue de la Liberté en bronze, brandissant les chaînes qui l’entravaient jadis et décernant au peuple les palmes du vainqueur.
Conçue par le sculpteur bordelais Achille Dumilâtre (1844-1927), le monument aux Girondins et à la République fut érigé sous la supervision de l’architecte Victor Rich. Quant aux statues, Dumilâtre fit appel aux services de ses camarades Félix Charpentier et Gustave Debrie, ce dernier étant l'auteur des chevaux marins.
Au pied de la colonne des Girondins, tournés vers la Garonne, le Coq gaulois, dominant la Tribune, aux côtés des représentations de l’Eloquence et de l’Histoire, sont les seules allusions aux vingt-deux martyrs de la révolution. Le groupe de statues figurant les Girondins qui contribuèrent tant à poser les fondements de la liberté en France, est en fait absent du monument dédié à leur courage, comme en témoignent les piédestaux restés vides, sur les côtés nord et sud, au-dessus des deux fontaines. En effet, Dumilâtre avait prévu d’installer, sur le côté qui fait face au Grand théâtre, les statues des Girondins Vergniaud, Buzot, Barbaroux, Brissot de Warville et Pétion, tandis que Guadet, Gensonné, Grangeneuve et Boyer-Fonfrède étaient destinés à occuper le côté opposé, face au quartier des Chartrons. Cependant, Dumilâtre ne réalisa jamais ces statues, dont les ébauches
furent détruites dans son atelier lors d’une tempête, annihilant à jamais tout espoir de les voir finies. Sur le côté du monument tourné vers l’ouest, face à la courbe décrite par la route, les trois statues de femme représentent Bordeaux (au centre), ainsi que la Garonne et la Dordogne (qui se rejoignent pour former l’estuaire de la Gironde) sous les traits de deux naïades riant.
Les Bassins
Le bassin orienté vers le Grand Théâtre traite du « Triomphe de la République », avec ses statues de bronze incarnant le travail (un forgeron), la sécurité et le pouvoir (le lion). De part et d'autre de la République siégeant sur son trône, on voit un groupe de trois enfants symbolisant les lois fondamentales de l’éducation obligatoire (à gauche) et du service militaire obligatoire (à droite), votées durant la Première république. Les deux chevaux marins et les deux chevaux reptiles sont précédés de trois personnages symbolisant le triomphe de la République sur l’Ignorance, le Vice et le Mensonge, qui porte ici un masque de fausseté.
L’ensemble du bassin qui fait face aux Chartrons représente le « Triomphe de la Concorde » qui, brandissant une branche d’olivier, symbole de la paix, protège la Fraternité (un ouvrier et un citadin) et l’Abondance, d’où découle la prospérité. L’Industrie et le Commerce sont incarnés par les trois enfants à sa droite, tandis que les Arts et les Sciences sont représentés par les trois enfants à sa gauche. Cette fois, les chevaux de Gustave Debrie sont précédés d’une représentation du bonheur, qu’incarnent le chérubin chevauchant le dauphin et le couple.
Les Bronzes Retrouvés
Dans les années 1940, les nombreuses statues de bronze qui peuplaient les places et rues de Bordeaux firent les frais, tout comme les hommes, de l'effort de guerre. Les bronzes du Monument aux Girondins et à la République échappèrent à l'hécatombe jusqu'au mois d'août 1943, date à laquelle elles aussi furent envoyées à la fonderie. Toutefois, on retrouva les 34 bronzes en octobre 1944 à Angers, et ils regagnèrent Bordeaux en juillet 1945. Il fallut attendre 1983 avant de voir les fougueux chevaux regagner leurs bassins d'origine. En 2005-2006, le monument aux Girondins et à la République bénéficia d’une sérieuse cure de rajeunissement, qui lui rendit tout son éclat passé.
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