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Le Jardin Public

Ses origines sous la révolution

En 1746, l'intendant du roi Tourny ordonna qu’un vaste pan de terrain qui se trouvait en bordure de ville, occupé par des vignes mal entretenues et des jardinets, soit débroussaillé et cède la place à un jardin royal à la française.

Ce premier jardin, dessiné par Ange-Jacques Gabriel, Premier architecte du roi, offrait, avec sa pièce d’eau centrale, ses parterres bordés de jardinières et ses allées d'ormes et de tilleuls, un lieu de promenade idyllique pour les classes nobles et fortunées, tout en reliant élégamment le quartier des Chartrons à celui de Saint-Seurin.

A la révolution, on arracha fleurs et buissons pour les remplacer par des pelouses, destinées à accueillir bals et cérémonies officielles. Du jardin conçu sous l’intendance de Tourny subsistent quelques traits architecturaux, comme la terrasse située au sud, avec ses deux portiques à colonnades ioniques, et la grille d'origine en fer forgé, le long du Champ-de-Mars, ainsi que l'entrée ouest, entre la rue Ducau et la place Longchamp. En 1970, il ne fallut pas moins de 7500 feuilles d’or pour rendre toute sa splendeur à la grille bordant le cours de Verdun. Le monumental portail d’origine fut transféré rue Judaïque.

Après être tombé dans un état d'abandon manifeste, le Jardin étant devenu le territoire des clochards et prostituées, la municipalité décida de rénover le jardin en 1856. Elle en confia la conception aux jardinier-paysagiste et horticulteur Bernard Fischer et Jean-Alphonse Escarpit. Ils créèrent un jardin à l’anglaise, agrémenté de cours d’eau, passerelles, îles et pelouses, parsemées ici et là de parterres à la française, comme pour en atténuer l’influence « perfide ». Pour compléter l’extraordinaire transformation en cadre pittoresque, en avril 1857, un magnolia de taille adulte, pesant 45 tonnes et mesurant 15,60 mètres, fut transplanté du jardin de la Chartreuse, en compagnie d'une douzaine d'autres spécimens. Il fallut quatre jours pour parcourir les deux kilomètres séparant les deux jardins, à l’aide de rails spécialement installés pour l’occasion.

Son évolution


D’autres évolutions suivirent. Le jardin botanique, créé en 1629, élut également domicile au jardin Public en 1858, et occupe aujourd'hui près d'un demi-hectare de terrain, à l'ouest du jardin, derrière les serres bordées par une galerie. Le palmier de Chine, le noyer du Japon, les chênes verts et tulipiers de Virginie ont également été plantés à cette époque.

Le Jardin public abrite en outre le Musée d’histoire naturelle (Hôtel de Lisleferme), une bibliothèque, et on peut y admirer des statues de Diane, Jeunesse et Chimère, Maxime Lalanne (aquafortiste bordelais), Rosa Bonheur (peintre animalier), et d'anciens défenseurs de la vigne - Ulysse Gayon, Alexis Millardet ainsi que Fernand Lafargue (écrivain régionaliste) et Carle Vernet (peintre).

Mais surtout, le Jardin public est un lieu qui se prête à la lecture, à lézarder au soleil, aux balades en amoureux, aux peintres amateurs et aux enfants. Des générations de bambins y ont assisté, les yeux écarquillés, aux spectacles des Guignols Guérin, ont embarqué à bord du Petit Mousse pour voguer sur les flots  de la Serpentine, dans lesquelles abondent les carpes. L’un de ces enfants était François Mauriac, le célèbre écrivain dont le buste, sculpté par Zadkine en 1949, orne le Jardin public depuis 1985, année où l’on commémorait le centième anniversaire de sa naissance.

 

Les Statues du Jardin Public

 

Statue de Carle Vernet : Statue en bronze de Carle Vernet (Antoine Charles Horace Vernet), dessinateur et lithographe français né à Bordeaux le 14 août 1758 et mort à Paris le 27 novembre 1836.

Scultpure de Pierre Granet : Cette ronde-bosse en marbre blanc est l’œuvre du sculpteur Pierre Granet (1842 – 1910), auteur à Bordeaux du bas-relief central de la faculté des lettres et des sciences (actuel musée d’aquitaine), des statues La Peinture et La Sculpture sur la façade ouest du musée des beaux-arts, et du Monument à Maxime Lalanne au Jardin Public, Médaillé d’Or à l’Exposition universelle de 1889, ce groupe fantastique, acheté par la ville de Bordeaux en 1892, grâce à une subvention ministérielle, a fait rêver le jeune François Mauriac qui a écrit : « La pose abandonnée, harmonieuse et lasse / De cet enfant de marbre étreignant la chimère / Et l’enveloppant toute en un geste troublant / De son corps onduleux qui se livre et si blanc / Quand l’air laiteux du soir le baigne de mystère… »

S’étendant sur plus de 10 hectares entre le quartier des Chartrons et le quartier Saint-Seurin, le somptueux Jardin public fut redessiné en 1856 pour offrir aux Bordelais un havre de verdure planté de magnolias, fortement inspiré des parcs anglais.

Le cours de Verdun > Lignes B ou C du tramway (Quinconces)

Ouverture tous les jours à partir de 7h.

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